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 (r.) it's a long way down.

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๑ DATE D'ARRIVÉE : 19/06/2013
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๑ SON BOULOT : ~ actuellement réceptionniste au cinéma de bar harbor, elle arrache les tickets et fait d'autres jobs en parallèle.
MessageSujet: (r.) it's a long way down.   Dim 30 Juin - 18:41


« i wanna cry and i wanna love »

AND I WANNA KISS YOU, MAKE YOU FEEL ALRIGHT. I'M JUST SO TIRED TO SHARE MY NIGHTS. I WANNA CRY AND I WANNA LOVE, BUT ALL MY TEARS HAVE BEEN USED UP ON ANOTHER LOVE. AND IF SOMEBODY HURTS YOU, I WANNA FIGHT. BUT MY HANDS BEEN BROKEN, ONE TOO MANY TIMES. SO I'LL USE MY VOICE, I'LL BE SO FUCKING RUDE. WORDS THEY ALWAYS WIN, BUT I KNOW I'LL LOSE. AND I'D SING A SONG, THAT'D BE JUST OURS. + MJ. MORIARTY & DEVON MANFIELD      ★ ★ ★


Un clic reconnaissable entre mille. Craquement sonore et lugubre. Puis l’éclaircie, l’infime lumière au milieu des ténèbres grandissantes ; iridescente, faite de multitudes de couleurs, la flamme flottait juste devant les yeux sombres de Merry. Au bleu du feu chaud, se mêlait l’éclat jaune du briquet usé, en une harmonie qui ne ressemblait en rien à la vie elle-même. Allumant le bout de la cigarette coincée entre ses lèvres, la jeune Moriarty laissa son regard s’écorcher contre la ligne d’horizon, là-bas, si loin. Inatteignable. Plus que jamais, le sentiment d’être prisonnière de cette île s’insufflait en elle à chaque respiration ; inspiration, expiration. Dans son dos, le soleil avait disparu sous les rocailleuses naissances de montagnes, il s’enfonçait progressivement dans le néant, plongeant la plage dans une ombre prématurée. A Bar Harbor, ce bled logé dans une zone clémente, il devait encore faire parfaitement jour, mais MJ, elle, exilée par ses propres moyens, l’air s’était déjà rafraîchi, et elle n’y verrait plus grand-chose, d’ici peu. Heureusement, la réalité de la vie aurait tôt fait de la rappeler à l’ordre : elle devait travailler, d’ici quelques dizaines de minutes, tout juste le temps de retourner à sa voiture et rejoindre le centre-ville. Ce soir, une rétrospective de Kubric était censée ameuter du monde ; mais Shining était bien le film qu’elle avait le plus en horreur sur cette planète. Qu’importe, on ne lui demandait pas d’être critique de film, comme le lui précisait souvent son patron : elle, elle devait se contenter de déchirer les tickets et de souhaiter un bon film aux clients, et puis ramasser leurs merdes une fois qu’ils auraient quitté la salle. Elle détestait le cinéma, tout simplement, en fait : savoir quel film visionner représentait cependant, à une époque, le seul havre de paix dans ses tumultueuses histoires de couple ; il n’y avait que devant un film que ses remarques acerbes passaient pour être assez drôles pour en devenir acceptables. Les volutes de fumée, glissant par ses lèvres, vinrent embrumer le paysage sans qu’elle ne s’en préoccupe un tant soit peu. If I fell in love, for a thousand times – pourquoi fallait-il qu’elle ait des chansons niaises dans son mp3, à présent ? Etait-ce le destin qui s’appliquait à coller à son humeur maussade ? Nerveusement, Merry arracha ses écouteurs de ses oreilles, déposant l’objet à côté d’elle et tentant d’oublier la voix niaise du chanteur à ses oreilles, au combien les paroles pouvaient prendre un sens pitoyable dans sa tête.

C’est comme frappée par la foudre que MJ reprit conscience de tout ce qui se jouait autour d’elle, elle attrapa brusquement le mp3, qui continuait de produire une musique qu’elle entendait à peine à présent qu’elle avait lâché les écouteurs, l’éteignant et le fourrant dans la poche de sa veste. Elle écrasa ensuite sa cigarette, tirant de sa poche un chewing-gum qui suffirait amplement à masquer son écart de conduite devant les clients : ce n’était certainement pas son nouveau – et éphémère – travail qui la ferait arrêter. Même enceinte, elle n’avait pas été capable d’abandonner ses mauvaises habitudes, elles étaient ancrées en elle depuis trop longtemps. Replaçant les mèches de ses cheveux qui se retrouvaient balayées par une soudaine brise, la brune oublia les embruns de la mer, se relevant pour faire quelques pas en arrière. Pourquoi était-elle venue ici, à vrai dire ? Ce n’était certainement pas pour se baigner, la plupart de cette crique était impraticable, et il était de rumeur commune depuis toujours de dire que les algues avaient la fâcheuse tendance de s’échouer par ici. A raison, puisqu’à chacune de ses visites sur cette plage, depuis aussi loin qu’elle s’en souvienne, MJ avait toujours vu la marée ramener des herbes nauséabondes, pour les emporter à nouveau, quelques temps plus tard. Mais elle ne voulait pas songer à la nostalgie qui l’avait amenée ici, celle qui l’abattait trop souvent depuis quelques temps : les Manfield étaient au centre de bien des commérages ces derniers jours, cette famille était, de toute manière, bien trop influente à Bar Harbor pour être oubliée. Irrémédiablement, à chaque fois qu’ils venaient à son oreille, ces noms la ramenaient quelques années en arrière ; ce jour-là, à l’hôpital, où elle s’était retrouvée plus seule que jamais dans sa chambre à la maternité. Sans bébé. Parce qu’on l’avait convaincue de l’abandonner, que c’était mieux ainsi. D’autres jours, encore ; de ces secrets inavouables qui voilaient le fond de ses prunelles. Tout en prenant soin de ne pas glisser sur les galets humidifiés par la mer, MJ quitta son emplacement, les mains enfoncées dans ses poches ; elle avait pourtant d’autres soucis à même de lui faire oublier ses vieux démons, en principe. Depuis peu, elle pensait même à prendre un deuxième travail, ce qui lui boufferait le temps libre qu’elle avait entre chacun des services qu’elle accomplissait au cinéma. Pas une mauvaise chose, en somme, qui permettrait qui plus est, à compenser le fait que Posy n’amène aucun salaire à la maison.

Ce n’était pas de sa faute, sûrement, mais Merry ne pouvait s’empêcher de ressentir à l’égard de sa sœur une vicelarde… rancœur. Pour bien des choses, elle était pourtant bien la dernière personne qui continuait de la supporter dans cette ville. Leur père, elle ne l’avait jamais connu, leur mère s’était barrée peu après l’accouchement de MJ – mais Posy était toujours restée. Inlassablement. Il était temps pour la cadette des Moriarty de retourner la faveur, mais elle ne se sentait définitivement pas de taille. Au moins, travailler lui permettait d’agir par automatismes, par instincts et donc, de ne plus réfléchir. Ne plus penser à « si c’était elle » à chaque fois qu’elle voyait une petite fille, ne plus avoir d’autres songes, bien plus dérangeants. Depuis l’accident de Posy, MJ était bien placée pour savoir qu’elle n’avait plus le droit de se lamenter sur ce qui a été, pour se concentrer sur ce qui pourrait être : mais quel avenir avait-elle, concrètement, sur une île comme Orcas Island ? Même Devon, avait trouvé mieux ailleurs. Devon. Manfield. Elle savait désormais – trop souvent – ce qu’il y avait de si douloureux à entendre ce nom, à voir cette famille investir et se pavaner dans toute la ville. Ils étaient comme une fourmilière, ancêtres et avenir de Bar Harbor ; insatiables tortionnaires à l’existence de Merry. A nouveau, la brune s’arrêta, soupirant sans retenue alors que ses mains cherchaient frénétiquement son paquet de cigarettes : elle ne tenait définitivement pas longtemps sans sa petite dose quotidienne. D’un craquement de briquet, elle alluma cette nouvelle-ci et tant pis pour les clients, ou même son travail, qui la laissait presque plus vite que tous ceux qu’elle avait faits jusque-là. A nouveau, quelques pas hésitants la firent avancer, quitter ce lieu maudit ; mais déjà, un claquement de portière, des pas sur les graviers, lui indiquait qu’elle n’était plus seule à risquer sa peau en se rendant dans des lieux pareils à une heure déjà tardive – sept heures à peine, certes, mais c’était déjà bien tard pour se perdre dans les coins de nature de Orcas Island, il était toujours préférable d’y aller en journée, quand le soleil était bien plus haut. En une fraction de seconde, un regard, le monde se stoppa, avec la même force d’attraction que celle qui brisa le cœur de MJ, tandis qu’elle levait un regard indifférent vers l’intrus aussi fou qu’elle. Il n’était pas fou. Juste, pas venu ici depuis trop longtemps, assez longtemps pour ne plus se souvenir des règles élémentaires de sécurité. Elle, au moins, elle les connaissait, elle se contentait simplement de les ignorer. Son regard s’assombrit, quelque part, dans la pénombre grandissante, ses joues s’empourprèrent, comme si elle était subitement redevenue une pauvre adolescente stupide ; elle usa cependant de toute son assurance pour dévisager son inattendu vis-à-vis. Comme fruit de ses songes, Devon s’était – semble-t-il – matérialisé juste sous ses yeux, saleté d’empreinte du passé qui, comme elle, s’était pris quelques années dans les dents.
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MessageSujet: Re: (r.) it's a long way down.   Lun 1 Juil - 13:17



Forget what we're told
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Devon s'était levé tôt pour des rendez-vous. Il n'était pas revenu ici simplement pour présenter sa fiancée. Il devait aussi se préparer à un nouveau poste en ville si jamais il décide de rester. Il avait dû se présenter, présenter son parcours ainsi que sa famille. Devon détestait passe pour un fils à papa parce que finalement sa réussite scolaire il ne la devait qu'à lui-même. Il s'était mis à travailler. S'il avait accepté de venir dans la compagnie de son père c'était comme pour faire un geste pour lui. Il lui en avait fait voir tellement lorsqu'il était plus jeune qu'il voulait se faire pardonner. Devon semblait avoir pris en maturité, c'est ce qu'il montrait aux autres. La fierté de son père était palpable pendant le rendez-vous. Devon souriait hypocritement et disait aux autres ce qu'ils voulaient entendre. A peine était-il rentré au motel qu'il avait ôté son costume. Il ne supportait pas de se sentir coincé dans ces vêtements. Il voulait se mettre à l'aise. Devon avait passé l'après-midi à dormir. Après avoir dû supporter la matinée avec des clients de son père il était réellement épuisé. Il n'en pouvait plus de devoir jouer ce rôle. Il avait envie d'exploser parce que cela ne lui ressemblait pas. En se réveillant il alla sous la douche comme pour se réveiller. Il savait que lorsque sa fiance rentrerait elle n'apprécierait pas forcément de le voir dans un tel état. La jeune femme aimait le voir élégant, elle appréciait sa prestance. En entendant la porte s'ouvrir Devon décida qu'il n'était pas prêt à discuter. Il n'en éprouvait pas le besoin. Il était comme ça il avait des phases plus ou moins charmantes. Il prit alors la décision de sortir un peu. Il sortit de la douche et embrassa Olivia. Comme toujours elle était magnifique, elle revenait avec quelques paquets. Il comprit alors l'influence que sa mère avait sur elle.

Devon s'habilla rapidement c'est-à-dire avec un jean et un t shirt. Il voulait se sentir à l'aise. Il retourna alors dans la salle de bain afin de mettre ses autres affaires au sale. Il ne pouvait pas tout laisser à Olivia alors qu'il comptait sortir, elle n'était pas sa servante, mais sa fiancée. « Je vais faire un tour. » Lâcha Devon tout en sortant de la salle de bain. Il ressentait le besoin de sortir de cette chambre d'hôtel. Certes elle était spacieuse cependant il avait l'impression d'être à l'étroit. Devon était un homme d'extérieur même si cela ne se voyait pas lorsqu'il portait son costume à 2 000 $. « Attends je prends mon manteau et je viens. » Lui répondit Olivia avec un grand sourire. Elle semblait heureuse à l'idée de sortir en compagnie de son amoureux. Elle lui rendait donc la tâche difficile. En effet Devon ressentait aussi le besoin d'être seul avec lui-même pendant quelques heures. Il était soit avec elle, soit avec ses parents il n'en pouvait plus. « Ça te vexerait beaucoup si je te disait que j'ai besoin d'être seul un petit moment ? » Lui demanda Devon. Afin qu'elle ne se froisse pas il prenait des gants, il la regardait avec son air triste. Il ne voulait pas qu'elle se sente mise à l'écart. Il savait aussi que pour ne pas qu'il devienne complètement dingue il avait besoin de s'éloigner. « Non du tout. » Lui répondit Olivia. C'était un gros mensonge cependant elle tenait assez à lui pour respecter ses envies. Au fond Devon savait qu'elle mentait, mais il n'avait pas le courage d'affronter cela. Il voulait sortir à tout prix. Il ne pensait qu'à lui-même. « Tu es un ange. » Lui dit Devon avant de déposer un baiser sur son front. C'était sa façon à lui de la remercier. Il prit ensuite sa veste et s'avança vers la porte du motel pour en sortir lorsque sa fiancée le retint. « Est-ce que tout va bien ? » Lui demanda Olivia. La jeune femme semblait préoccupée. Il ne comprenait pas d'où cela venait d'ailleurs ça se voyait à son expression faciale. Ayant remarqué ça elle décida alors de se montrer plus  « Je veux dire depuis notre retour tu parais ailleurs. » Rajouta la jeune femme avant de se mordiller la lèvre inférieure. Elle marchait sur des œufs parce qu'elle savait que cette ville représentait beaucoup pour lui, elle savait qu'il ne pouvait pas être le même. Elle se montrait alors patiente comme la fiancée idéale qu'elle était. Devon se sentait vraiment chanceux. « Je dois juste me réhabituer c'est tout. » Lui répondit Devon. C'était la vérité. Il devait se réhabituer à cette ville, à cet environnement. Il voulait profiter de l'extérieur, des anciens endroits qui lui rappelaient de bons souvenirs. Il devait tourner la page sur de mauvais souvenirs.

Devon passa ensuite la porte du motel et prit ses clés pour conduire. Il conduisit pendant quelques minutes avant d'arriver à la plage de galets. Ce n'était pas l'endroit le plus glamour, mais il l'appréciait. D'ailleurs ce n'était pas prémédité c'est son instinct qui l'avait poussé à venir ici. Il était au moins sûr de ne pas rencontrer quelqu'un qu'il connaissait. Il en avait assez de passer pour le fils prodigue qui revenait au pays. Ce n'était pas vrai. Il n'était pas le fils idéal à l'époque et ce n'était toujours pas le cas. Devon était un éternel insatisfait coincé dans une vie qui n'est pas la sienne. Il ne supportait pas alors les commentaires bienveillants parce que cela sonnait faux. Il acceptait cela dans son bureau, dans sa famille, mais pas en dehors. Ici il pouvait être lui-même l'espace de quelques heures. Il venait avec ses amis pour boire de l'alcool, faire la fête et donc s'amuser. Ce n'était pas franchement idéal mais cela lui convenait énormément. Chaque pas qu'il faisait lui rappelait des souvenirs. C'était à cet endroit qu'il traînait le plus souvent avec Merry. Il était nostalgique et cela le surprenait. Il l'avait détesté pendant si longtemps pour l'avoir quitté sans raison valable, sans avoir eu le courage de lui dire en face. Leur rupture lui paraissait si floue, si incompréhensible. Devon ne savait pas tout. Il se rappelait simplement de la douleur atroce qu'il avait ressenti lorsqu'il comprit qu'il l'avait perdu. Maintenant qu'il revenait ici il avait l'impression de redevenir le jeune homme qu'il était. Celui qui s'attirait toujours des ennuis, celui qui entraîne aussi les autres. Devon se sentait libre à cette époque ce qui était paradoxal. À l'époque il avait l'impression d'être dans une prison dorée alors il faisait tout son possible pour tout gâcher. Maintenant qu'il avait un poste important, une fiancée adorable et une vie bien rangée il se sentait encore plus pris au piège. Il avait l'impression d'être coincé dans un rôle qui n'était pas le sien.

Alors que Devon marchait tranquillement dans les galets il entendit quelques pas. Visiblement il n'était pas seul ce qui l'étonnait fortement. Il se demandait qui était la personne qui était assez folle pour venir à cette heure-ci. L'endroit n'était pas forcément bien fréquenté. Ce fut avec étonnement qu'il reconnut ce visage, ce visage si familier. C'était celui de Merry. Comme s'il avait vu un fantôme il fut incapable de dire quoi que ce soit. La jeune femme avait pris de l'âge tout comme lui cependant elle restait la même. Elle avait toujours cet air fort et fragile à la fois. La vie ne semblait pas l'avoir épargnée pourtant elle restait aussi jolie à ses yeux. « Merry ... » Lâcha Devon. Sur le coup c'est tout ce qu'il trouva à dire. Devon ne savait pas exactement ce qu'il ressentait. Dans un sens il avait l'impression de redevenir l'homme jeune qu'il était, le fougueux et dans un autre il ressentait une amertume. La voir faisait ressortir la peine qu'il avait ressenti la perdant. Il ne pensait pas s'en rappeler aussi bien. En la perdant c'est comme s'il avait perdu une partie de lui-même. Devon ne savait pas quoi faire. Il avait le choix entre prendre ses jambes à son cou et partir comme elle l'avait fait dans le passé ou affronter. Maintenant qu'elle était là il se rendit compte qu'il était incapable de partir. Quelque chose le ramenait vers elle. Il ignorait ce que c'était. Il avait envie de le découvrir. « Ça fait longtemps. Tu as l'air en forme. » Lui fit remarquer Devon. C'était une façon débile de commencer une discussion cependant il ne savait pas par où commencer. Il se sentait réellement comme un adolescent qui se retrouve devant son premier amour. Il espérait de toutes ses forces que Merry l'aide à se sortir de là.
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MessageSujet: Re: (r.) it's a long way down.   Mar 2 Juil - 21:11


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Créature au sang chaud, Merry n’avait jamais eu pour habitude de mâcher ses mots. Ça lui avait causé défaut, bien des fois. Ça avait rendu son histoire bien tumultueuse, partagée en dents de scie entre des hauts et des bas vertigineux. Mais ça, c’était écrit depuis toujours dans les annales de son existence : sans père, pauvre petite fille d’une famille modeste et invisible de Bar Harbor, elle s’était frottée à un démon bien trop grand pour elle. Qui l’avait prise au corps, désarçonnée totalement ; comme un cavalier, pied à l’étrier, elle s’était effondrée, écroulée au sol bien lourdement. Et sa rancœur était toujours là, intacte comme au premier jour : définitivement, MJ n’avait pas assez crié, semble-t-il, sa colère au reste du monde ; bien des choses restaient inavouées, coincées au creux de sa gorge en même temps que toute la véhémence qu’elle avait à l’égard de la vie elle-même. Si elle s’était écoutée, à maintes reprises déjà, sûrement qu’elle aurait emprunté d’autres sentiers battus, d’autres trajets qui l’auraient menée à des destinations bien différentes. Préférables, peut-être bien. Pires, c’était difficile. Peu de gens pouvaient se targuer d’avoir une vie qui stagnait déjà, à vingt-quatre ans à peine : sûrement que d’autres gosses plus chanceux, des enfants bourgeois d’un autre monde, eux, pouvaient vibrer au grand jour, explorer le monde comme elle pourrait en avoir envie. Ou se baigner dans leur décadence sans avoir à se soucier du portefeuille comme elle le faisait trop souvent. Elle, son insouciance, elle en avait trop souvent l’impression, lui avait coûté sa mère : ce n’est que quelques mois après l’accouchement express et discret de MJ à Bar Harbor que celle-ci avait pris les voiles après tout, du jour au lendemain sans se donner la peine de laisser le moindre mot. La décadence avait pourtant été, la période de sa vie qui avait le plus sied à Merry. Celle qui lui avait le plus coûté également. Elle s’en mordait les doigts, encore aujourd’hui. D’avoir abandonné son bébé, d’avoir fait vivre tant de choses à sa famille, d’avoir vécu tant de choses, de cette manière-là précisément. D’avoir croisé sa route à lui, d’être entrée dans sa vie. Son monde où elle n’avait aucune place. Son histoire avec Devon n’avait été que de la poudre aux yeux, un délire d’adolescents à la recherche de reconnaissance, de rébellion quelconque ou du brin de folie dont Orcas Island a toujours été dépourvu : Devon aurait fini par la larguer, pour une fille plus jolie, plus respectable et mieux ordonnée. Pour quelqu’un qui mettrait de l’ordre dans sa vie plutôt que quelqu’un qui la mettait encore plus en vrac. Elle, elle était définitivement la championne des vies en vrac – à l’horizon, pas le moindre sentiment amoureux pour qui que ce soit, l’incapacité totale de tourner la page, des plaies à revendre, une tristesse éternelle. « Merry ... » Echec. Replis. MJ croisa les bras contre sa poitrine, comme si elle luttait contre elle-même, contre l’envie prenante de faire demi-tour et de s’enfuir à toutes jambes. Elle aurait préféré se retrouver n’importe où plutôt qu’ici, à devoir s’afficher, image dégradante de celle qu’elle était, face à cette image du passé. Il ne poserait pas, ce soir, ses yeux sur l’image la plus gratifiante de ce qu’aurait pu être sa vie s’il était resté. S’il était resté comme elle, avec un trop grand brin d’insouciance et de je m’en-foutiste dans l’attitude. La grande classe, en somme : elle fumait, elle était habillée comme une adolescente, presque, avec un jean sombre, un tee-shirt noir, un sweat à capuche, rien pour mettre sa féminité un tant soit peu en valeur. Et il lui suffirait simplement de gratter la surface pour voir que la suite n’était pas mieux : elle vivait avec sa sœur, ou du moins, à moitié avec elle, s’occupait d’elle comme on se serait occupé d’une handicapée. Elle n’avait plus de parent, une sœur sans mémoire, un appartement usagé et miteux, un travail bien en-dessous de ses capacités, certes, mais qu’elle ne conserverait pas très longtemps, finalement.

Parce qu’elle finirait par péter un câble à force de déchirer des tickets et de ramasser la merde des autres. Parce qu’elle avait encore envie de plus, quand bien même tout ceci ne lui était plus qu’inaccessible à présent ; alors qu’est-ce qu’il foutait là, Devon le fils de riches qui pouvait aller n’importe où si ce n’est ici ? C’était sa mission à lui de rester loin de Bar Harbor, de ne plus jamais revenir ! Du moins, c’était ce qu’elle avait voulu comprendre lorsque les Manfield avaient réduit sa vie à un champ de mines sur lequel elle devait marcher avec mille précautions. Qu’importait le choix qu’elle prenait, elle perdait quelque chose. Son bébé, Devon, sa famille, le peu de dignité qu’elle avait ; elle avait déjà l’impression d’avoir perdu trop. Et pour quoi ? Pour qu’ils se retrouvent face à face, comme ça, par ce qui semblait être le gré du hasard ?! « Ça fait longtemps. Tu as l'air en forme. » L’instinct sauvage dont elle était dotée depuis des lustres, ce qui faisait sa survivance jusque-là, la poussa à cracher un rire ironique à ces paroles. Elle se reprit bien vite, ses lèvres retroussées en un sourire qui décrivait à peine son état d’esprit : elle était partagée entre une rage sans borne de voir son passé lui éclater en pleine tronche et lui foutre une gifle monumentale. Entre cette rage si longtemps travaillée et murie, et autre chose ; le sentiment d’inachevé depuis qu’elle avait laissé Devon lui glisser entre les doigts. Depuis qu’elle avait détruit, pièce par pièce, sa chance d’avoir une vie meilleure. Aurait-il seulement fait un bon père ? Parfois, elle se disait que oui ; d’autres fois, elle les imaginait plutôt désastreux parents qui auraient fini par faire tomber leur enfant par terre, ou le perdant dans d’autres circonstances tout aussi déplaisantes. On l’avait convaincue que c’était mieux ainsi, de toute manière. Le regard fuyant, MJ haussa les épaules, laissant retomber sa cigarette au sol et l’abandonnant ici, petit point lumineux et orangé dans les graviers sombres. « Je suis supposée ne pas l’être, c’est ça ? » En forme, la santé, c’était bien la dernière chose dont elle pouvait se contenter : la nourriture du pauvre, en somme, à défaut d’avoir quelque chose d’autre, elle pouvait se dire qu’elle avait au moins ça. Et quand bien même Posy aurait pu avoir la même idée qu’elle, elle avait perdu elle aussi la santé. Ou du moins, une partie de sa tête, alors que Merry devait parfois la gérer lorsqu’elle partait dans des délires totalement absurdes. Dans un haussement d’épaules, elle s’escrima à faire un effort elle aussi, quand bien même ce n’était pas son fort : « Peu importe. Tu as l’air en forme. Aussi. » Evidemment, loin d’elle, il avait forcément eu toutes ses chances : c’était ce que les Manfield lui avaient fait comprendre avec le temps. Elle avait été toxique à Devon et à son évolution, à l’homme qu’il pouvait être, c’était tant mieux visiblement, qu’elle soit sortie de sa vie définitivement : et là, face à elle, sans même le soupçonner sans doute, il ne faisait que confirmer toutes les infamies dont sa famille l’avait assénée des mois durant, alors qu’elle luttait contre ses milles volontés. Qu’elle avait en elle un enfant, qui ne connaîtrait jamais le bonheur d’une vraie famille, si elle restait dans sa vie également. Une brise plus forte que les autres balaya ses cheveux, la rappela à l’ordre. Elle frissonna une nouvelle fois, retenant un juron en serrant les lèvres, alors qu’à nouveau, son regard trouvait la haute silhouette de Devon. Il n’avait pas bougé, il n’avait pas disparu comme l’aurait fait un mirage ou une illusion : il était bien là, et le bon dieu ne semblait pas vouloir accéder à sa demande silencieuse de le faire disparaître en un claquement de doigts. « Qu’est-ce que tu fais là, Devon ? » S’enquit-elle alors, d’une voix qui ne masquait qu’à peine le brin de reproche qu’elle avait derrière cette question : Devon avait quitté Bar Harbor du jour au lendemain, et elle ne l’avait jamais revu. Au fond, elle ne savait pas si sa famille s’était même donnée la peine de lui parler de sa grossesse, de l’enfant qu’ils avaient ensemble. De ce qu’elle était devenue après. Mais rien que neuf mois de grossesse, c’était long, neuf longs mois pendant lesquels il n’était jamais revenu. Comme les deux, trois, quatre, cinq années ensuite. Qu’est-ce que Bar Harbor pouvait bien avoir à présent, qui valait le détour ?
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MessageSujet: Re: (r.) it's a long way down.   Dim 7 Juil - 13:00



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Devon ne s'était pas montré condescendant en lui disant qu'elle avait l'air en forme. Il le pensait. C'est vrai qu'elle n'était pas habillée à son avantage, que la fatigue se lisait sur son visage, mais elle avait toujours l'énergie de venir ici. Quand il la regardait il voyait l'adolescente qu'il avait connu il ne voyait pas la femme qu'elle était aujourd'hui. Il ne pensait pas une seconde qu'il puisse être une des multiples causes de sa fatigue. A ses yeux il n'avait rien fait. Une partie de lui était heureuse de la voir parce qu'elle avait été son premier amour, il essayait de mettre de côté ses rancœurs cependant sa façon de se comporter amenait une autre partie de lui celle qui ne comprenait pas la situation. Il se sentait alors refroidie par ses retrouvailles. Il avait été naïf de croire qu'elle pourrait être ravie de le revoir. Il se sentait alors un peu stupide. Le comportement de la jeune femme n'allait pas arranger les choses bien au contraire. « Je suis supposée ne pas l’être, c’est ça ? » Lui demanda Merry d'un ton hautain. Devon ne comprenait pas pourquoi elle était sur la défensive après tout si quelqu'un devait être en colère c'était lui. La jeune femme l'avait quitté, elle lui avait brisé le cœur et elle n'avait pas eu le courage de le faire en face. C'était à sa mère qu'elle avait transmis le message ce qui était encore plus dur à accepter à l'époque pourtant il l'avait fait. Il n'attendait alors pas ce genre de réactions de sa part, il ne l'acceptait pas. « Je n'ai rien dit de tel. » Lui répondit Devon sur le même ton. Il ne voulait pas lui laisser l'opportunité de se montrer aussi hautaine. Il n'attendait pas ça de sa part, il ne savait pas ce qu'il attendait, mais c'était sûr que ce n'était pas ça. Il était assez nerveux de l'avoir en face de lui. C'est comme s'il redevenait un adolescent. Il se mit alors à craquer ses doigts ce qui était un signe de sa nervosité. Il ne savait pas comment se comporter. Il ne voulait pas l'énerver encore plus en reparlant du passé, mais il ne voulait pas faire comme si de rien était. En tout cas Merry décida de briser ce silence en rajoutant : « Peu importe. Tu as l’air en forme. Aussi. » Merry avait l'air déçue comme si elle aurait aimé qu'il ne soit pas en forme lorsqu'il était loin d'elle. Devon ne l'a comprenait toujours pas. Ce qui était sûre c'est qu'il avait pris du temps avant d'être bien à nouveau cependant il avait dû se reprendre en main. La fin de sa relation avec Merry l'a poussé à se remettre en question, à ne plus se comporter comme le gosse de riche perdu dans sa vie. Il avait voulu faire quelque chose de sa vie alors il avait accepté d'aller à la fac, il avait obtenue son diplôme et rencontrer la femme idéale aux yeux de ses parents. Autrement dit il était devenu exactement ce que ses parents attendaient de lui du moins en apparence. Au fond il avait toujours ce brin de folie qu'il essayait de dissimuler. « C'est vrai je vais très bien. » Lui répondit Devon avec un sourire. Il voulait montrer une bonne image de lui. Il ne voulait pas lui montrer qu'elle avait de l'influence sur lui parce qu'elle ne le méritait pas. Elle se comportait froidement avec lui comme s'il était le méchant de l'histoire. Il ne s'attendait pas à la revoir cependant maintenant que c'était le cas il s'attendait à mieux. Finalement il se disait que si elle l'avait quitté c'est qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec lui donc que le revoir ne lui ferait pas plaisir. Devon était loin de la vérité.

Devon avait pensé à partir en courant après tout il sentait bien que la jeune femme n'était pas ravie de le voir. Il se demandait bien ce qu'il avait pu lui faire pour qu'elle se comporte aussi froidement.
Sa mère devait avoir raison elle ne voulait plus de lui alors le voir ici c'était comme s'il était l'homme le plus stupide du monde. Pourtant il ne comptait pas partir parce que cet endroit c'était aussi le sien. Il lui avait fait partagé alors il avait le droit d'être ici. Devon avait besoin de se ressourcer comme pour arriver à supporter la situation. Être ici c'est comme s'il redevenait l'homme sauvage qu'il était. Il se battait alors contre lui-même. La présence de Merry n'arrangeait rien à la situation, mais il était incapable de repartir. «  Qu’est-ce que tu fais là, Devon ? » Lui demanda la jeune femme. Une fois de plus Devon se sentait comme à un interrogatoire. Elle devait espérer qu'il s'en aille, mais il était toujours là. Devon n'était pas du genre à s'enfuir. Même si on pourrait croire que si parce qu'il est partie ce n'est pas le cas. Devon est partie parce qu'il pensait que Merry ne voulait plus de lui du moins c'est ce que sa mère lui avait dit. « Je me suis dis qu'il était peut-être temps de revenir voir ma famille. » Commença par lui dire Devon. C'était étonnant de sa part. Il avait toujours parlé de s'en aller d'ici et de ne jamais revenir. Maintenant il était revenu ce qui était en contradiction avec le Devon d'avant. Cela montrait clairement qu'il avait changé et pas qu'un petit peu. Devon était un nouvel homme plus sérieux, plus respectable même si ce n'était pas évident tous les jours. Il avait parfois envie de s'en aller en courant en laissant tout derrière lui comme à l'époque cependant il ne pouvait pas. Il était fiancé, promis à un bel avenir. Devon ne pouvait plus se comporter comme un adolescent capricieux. « Mon père pense qu'il est temps que je vienne travailler dans le coin. Comme j'avais des trucs à régler je me suis dis pourquoi pas. Je ne pensais pas te revoir dans le coin. » Continua Devon. Il s'était toujours dit que lorsqu'il serait loin d'elle Merry aurait une chance d'avoir une meilleure vie. Elle se concentrerait sur ses études après tout elle a de grandes possibilités il l'a toujours vu. Devon pensait qu'elle aurait une bourse et qu'elle partirait ici sans jamais revenir. Finalement il avait eu tort cependant il n'imaginait pas la vérité. Il émettait l'hypothèse qu'elle puisse être revenue comme lui. Il ne pensait pas qu'elle était restée dans le coin tout ce temps. « Si ma présence te gêne je peux m'en aller tu sais. » Lui proposa Devon. Il ne voulait pas rendre la situation encore plus difficile pour Merry. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que cela lui faisait plus de mal que de bien. Même s'il lui avait proposé de partir il n'en avait pas envie. Il avait envie de parler avec elle, d'en savoir plus. Il voulait comprendre pourquoi elle avait changé de cette façon. Il se doutait bien qu'elle allait sauter sur l'occasion. Une petite voix dans sa tête lui disait qu'il se pourrait bien qu'il ne sache pas l'entière vérité comme si on lui cachait des choses cependant il n'imaginait pas quoi. Il avait l'impression de voir une conspiration là ou il n'y en avait pas.
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