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 (delwyn), hoping one day you'll make a dream last -

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membre ◊ try to be someone powerfull.
๑ MESSAGES POSTÉS : 264
๑ DATE D'ARRIVÉE : 05/06/2013
๑ AMOUREUSEMENT : célibataire, l'amour que c'est compliqué, tellement prise de tête, et déprimant.
๑ SON BOULOT : étudiante en ethnologie, anthropologie et criminologie, fouineuse professionnelle.
MessageSujet: (delwyn), hoping one day you'll make a dream last -   Sam 29 Juin - 17:04


but dreams come slow and they go so fast
— WELL YOU ONLY NEED THE LIGHT WHEN IT'S BURNING LOW
ONLY MISS THE SUN WHEN IT STARTS TO SNOW
ONLY KNOW YOU LOVE HER WHEN YOU LET HER GO. —
☆ ☆ ☆

Difficile d’imaginer que des heures d’études à la bibliothèque puissent s’avérer aussi inutiles. Le stylo en l’air, battant nerveusement l’air, Azra n’avait rien écrit sur sa feuille depuis de longues minutes déjà : ses recherches sur la guerre de Sécession n’avaient pas été les plus exemplaires qui soient, jusque-là et les résultats de son travail se limitaient encore en quelques lignes qui n’avaient aucun sens logique. La brune souffla de désarroi en voyant ça, pressant le bout de ses doigts contre son front, les traits de celui-ci se plissant dans une inquiétude indéniable – pourquoi, bon dieu, était-elle tout simplement incapable de se concentrer ? Car, comme d’habitude, la bibliothèque était un endroit calme et discipliné, où seuls les élèves les plus investis de Bar Harbor se rendaient : ici, y avait toujours régné une ambiance qui avait servi de moteur à la jeune Collins, mais tous les silences de toutes les bibliothèques du monde ne parviendraient sans doute pas, ce soir, à apaiser un tant soit peu l’esprit perturbé de la jeune étudiante. Inlassablement, elle se sentait penser à d’autres choses, des soucis assez concrets pour effacer la guerre de Sécession de ses volontés ; pourquoi devait-elle se préoccuper d’une guerre qui avait eu lieu il y a deux cents ans alors qu’elle avait un fou à ses trousses et qu’elle avait failli mourir (sans exagération aucune), il y a quelques temps à peine ? Avec un peu de chance, de toute manière, elle ne survivrait pas assez longtemps pour avoir à subir la désastreuse note qu’elle se ramasserait à sa dissertation si la situation ne se débloquait pas. Elle, elle ne pouvait pas la débloquer. Elle ne pouvait plus le faire, en tout cas, tandis que tous ses stress et toutes ses inquiétudes avaient conquis chaque parcelle de son corps, chaque fibre de son esprit : la nuque raide, le cerveau tambourinant contre son crâne et le pied battant nerveusement le sol, AJ trahissait indéniablement chacun de ses songes. Et ils n’étaient sûrement pas plaisants à voir. N’importe quel autre élève, n’importe quelle autre personne normalement constituée aurait déjà utilisé tous ces problèmes comme un bon prétexte pour envoyer valser d’un revers de bras les études et les fastidieuses séances à la bibliothèque, nez plongé dans les livres. Pour Azra, c’était différent ; non seulement elle aimait ses études (plus que tout), mais rentrer chez elle ne semblait certainement pas être une option préférable à celle de rester ici. Mais flic flac, l’horloge continuant de battre les secondes dans son cadran la rappelait à l’ordre : depuis l’explosion de l’autre aile de l’Université, les officiels s’appliquaient à n’autoriser aucun élève, aucun professeur à veiller plus longtemps que ça n’était décemment acceptable. Ce soir, la bibliothèque fermait à vingt heures, soit d’ici une petite dizaine de minutes – certainement pas assez de temps pour qu’AJ trouve en elle la motivation de chasser ses démons et passer à autre chose.

C’est bruyamment qu’elle abandonna ses bonnes volontés, refermant le lourd volume III de grands bouquins qu’elle parcourait depuis une éternité déjà ; l’Histoire de l’Amérique était déjà assez longue pour composer à elle seule cinq gros volumes aux centaines de pages remplies de pattes de mouche. Ignorant les œillades nerveuses envoyées par les autres, Azra se leva d’un bon, emportant ses lourds ouvrages et s’enfonçant dans les rayonnages de livres pour les ranger. Le premier, le deuxième et le dernier – elle manqua de peu de se prendre celui-ci sur le pied, d’ailleurs. Elle s’apprêtait à repartir, non sans marmonner un juron, lorsque son regard fut saisi par la couverture usagée d’un autre ouvrage. Là-bas, dans le coin d’une étagère, d’une couleur émeraude vieillie par les utilisations nombreuses, plutôt volumineux et avec sur la cote inscrit ce symbole. Atrocement familier. « Tu plaisantes, hein… » Sans oser lâcher l’ouvrage des yeux, elle tâtonna à la recherche d’un tabouret, lèvres retroussées par une nervosité palpable. Il ne disparut pas, ne s’envola pas juste sous les yeux de la jeune étudiante ; une fois montée sur le petit tabouret, bras tendu, elle put s’en saisir, en inspectant quelques pages avec une fébrilité toute affichée. Ses yeux sombres glissant à toute vitesse sur les pages, le visage d’Azra sembla s’éclairer d’un regain d’entrain : ceci ne concernait en rien la guerre de Sécession ou un quelconque miracle qui pourrait expliquer comment elle pouvait produire sa dissertation avant la fin de la semaine ; c’était autre chose, quelque chose de beaucoup plus concret. De beaucoup plus important. A nouveau, elle se sentait actrice de sa vie, et non plus victime du bon vouloir d’une menace invisible – elle pouvait à nouveau percer à jour ce foutu carnet, elle pouvait avancer. C’était du moins, ce que lui disait son intuition, alors qu’elle retrouvait sa table de travail pour rassembler ses affaires, avant de se diriger vers le réceptionniste des lieux. Celui-ci ne sembla que peu content de devoir ressortir son registre des emprunts pour les beaux yeux d’une seule élève, retardataire qui plus est. Il le fit tout de même, et elle le remercia d’un sourire pincé, quoique dénotant malgré tout de son excitation soudaine. Prudente malgré tout, elle le rangea d’abord dans son sac, quittant à grands pas les bâtiments : bientôt, les quelques personnes restant dans les lieux et chargées de les fermer, allaient faire le tour du campus pour s’assurer que plus personne n’y traînait, il valait mieux qu’elle soit loin à ce moment-là. Sans compter qu’elle avait encore une bonne heure de route (dans le pire des cas) avant de pouvoir rejoindre la chaleur de son chez elle. Mais la durée de trajet ou la fatigue qui était sienne depuis quelques temps déjà n’étaient plus pour la préoccuper : il semblait presque que rien ne pouvait plus entamer l’humeur conquérante de la brune ; depuis trop longtemps elle se laissait mener par le bout du nez par des menaces à son égard, depuis trop longtemps elle tremblait à l’idée qu’il lui arrive quelque chose. A raison, d’ailleurs. Mais son corbeau allait bien vite découvrir, finalement, qu’il valait mieux pour lui ne pas trop se frotter à Azra-Jane Collins. Si elle s’écoutait, elle se contenterait sans doute de rouler quelques mètres avant de s’arrêter en pleine cambrousse pour déjà parcourir les pages et les pages du livre qu’elle venait d’emprunter – avant tout, il fallait qu’elle atteigne sa voiture, ce qui ne fut pas compliqué, puisqu’elle était parmi les dernières encore présentes ici.

La nuit ayant déjà étendu son voile sur Orcas Island, celle-ci ne faisait que s’épaissir de minute en minute, et AJ savait, malgré elle, qu’il lui serait préférable de se lancer dans son travail une fois chez elle. Ses clés en main, elle mit le contact, prête à décamper au plus vite et laisser cette (presque) maudite journée de travail derrière elle. Mais rien ne se produisit, le silence se fit presque plus épais encore qu’à l’habitude. Soufflant, Azra tenta à nouveau de mettre le contact, tournant nerveusement la clé de contact. Rien, rien, rien. Qu’est-ce que le monde avait contre elle, bon dieu ?! « C’est pas vrai ! » Lâcha-t-elle en laissant exploser une bonne parcelle de la rage entassée tous ces derniers temps. Ouvrant brusquement la portière à côté d’elle, la jeune Collins repassa à l’extérieur, esquissant un pas vers le capot de la voiture. Avant de se raviser. Elle n’y connaissait rien en mécanique, et elle pouvait être autant énervée qu’elle le voulait, ça ne la rendrait pas subitement brillante dans le domaine. Habituellement, c’était son père qui s’occupait de cette voiture, tout comme c’était lui qui négociait avec le garagiste ; elle… elle était complètement passive et désintéressée face au sujet. Quelle cruche ! Si elle s’en était donnée un tant soit peu la peine, elle aurait sûrement su se débrouiller. Dans un regard noir à l’adresse de sa voiture, Azra tira son téléphone d’une des poches de sa veste, le levant devant elle comme si elle cherchait le réseau vers le ciel : aucun réseau, et elle était bien placée pour le savoir, il n’y avait que dans certaines parties du campus que les téléphones fonctionnaient correctement. « Marche, marche. Marche. » Retournant sur son siège, elle tenta à nouveau de mettre le moteur en route. Rien, toujours le même silence pesant et rempli de doutes. Voilà comment fonctionnait sa vie ces derniers temps : dès que quelque chose d’un tant soit peu positif s’y produisait, le destin lui envoyait un signe des plus déprimants. Rageuse, elle claqua la portière de sa voiture, s’étant à nouveau glissée à l’extérieur de celle-ci, pleinement concentrée cette fois-ci sur toutes les chances qu’elle avait de la faire démarrer rien que par la force de son énervement : s’il fallait qu’elle démonte cette foutue voiture, elle le ferait ! Ou pas. « Espèce de stupide machine ! Tu ferais mieux de marcher maintenant, ou je jure que… » La persuasion musclée ne semblait avoir aucun impact sur le véhicule, et Azra ne put que soupirer à nouveau, ses mains s’accrochant à ses cheveux, avant que ses bras ne tombent, ballants, le long de son corps. Pourquoi est-ce qu’il fallait toujours que des choses pareilles lui arrivent à elle ? Pourquoi ce soir ? Lassée, Azra reprit son téléphone, esquissant quelques pas à la recherche de son foutu réseau ; happée par la chose, ce n’est que presque trop tard qu’elle se rendit compte qu’elle n’était plus seule. Delwyn. Elle serra les dents, retenant un nouveau juron alors qu’elle le reconnaissait – et l’effort de ne pas lui hurler dessus à lui aussi était tellement prenant, qu’elle en oublia son bras, légèrement levé vers le ciel, comme une prière adressée à un Bon Dieu qui n’en avait visiblement pas fini de se foutre de sa gueule.
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